Brolliet’s statement in French as recorded by Hellot in 1759

Brolliet’s statement in French as recorded by Hellot in 1759

Mordant de Brolliet pour les estampes de contretirer

Il met dans une cornue de verre, placée au bain de sable, 4 ou 5 onces de Karabé ou succin concassé, il adapte un recipient et ferme les jointures avec des bandes de papier collé, il distille sans mettre de Dôme sur le fourneau. L’esprit passé, puis le sel volatile, et enfin l’huile. Les vausseaux etant refroidis il décante l’huile sans y laisser passer aucune portion du sel alkali volatile. Il met au Bain de sable dans une capsule de verre fort evasée l’Esprit et l’huile pour Evaporer l’esprit et concentrer l’huile. L’esprit bouillone en grésillant avec lhuile jusqu’a ce qu’il soit tout évaporé. Il continue de concentrer l’huile jusqu a ce qu’en mettant une petite goute avec une paille sur une assiète de faience et la touchant avec le doigt, elle file, et que la goute refroidie se congele en forme de syrop fort cuit. Alors il arrete le feu, retire la terrine du sable, et laisse tout refroidir. Il verse alors sons mordant dans un pot de fayance, ou [il] reste tenace et tres peu coulant. On pourroit y faire dissoudre un peu de bitume de judée.

Imprimer sur la porcelain Broillet

Broillet, pour imprimer sur la porcelain ou sur une table de cuivre émaillée la contre epreuve d’une estampe quelconque; nétoye d’abord la planche de cuivre gravée avec l’esprit de vin rectifié, et l’essuye avec un linge bien sec, pour ôter tout ce qui pourroit ester resté de gras dans les traits du Burin: puis il passe dessus un peu de son mordant dont il sera parlé cy après, et le fait entrer avec un boudin de flanelle roulée extremement serré avec une ficelle fine: il l’essuye ensuite avec la paume de la main, qu’il essuye elle meme, à mesure, avec un cuir legerement enduit de blanc d Espagne, en la frottant dessus et l essuyant ensuite avec un linge blanc. Lorsque tout l’exterieur de la planche de cuivre n’est plus gras. on applique dessus selon l’art de l’imprimeur en taille douce un papier humecté du matin et ayant chauffé la planche de cuivre on la passe et repasse deux fois entre les rouleaux ou cilindres de la planche qui sont garnis de flanelle. Alors le dessin est imprimé en couleur rousse; qui est celle du mordant. On laisse secher le papier, s’il est humide d’eau: mais, pas assez pour que le mordant sèche aussi; car il doit rester happant: sans quoi les traits de cette estampe rousse ne retien-droient pas la couleur qu’on veut qu’ils retiennent. On a de l’email ou couleur vitrifiée broyée a l’eau sur un glace avec une molette de Glace ou de Caillou, jusqua ce que la molette ne fasse plus aucun bruit en broyant et qu l’email soit comme l’huile. On le laisse bien secher sur la Glace, puis on le detache avec le couteau à palette pour le tenir bien sec dans un papier. Avec un peu de coton bien net on prend de cette couleur en l’apliquant foiblement dessus, et on le porte sur l’estampe imprimée avec le mordant qui ne doit pas estre sec, mais happant. Ensuite avec un autre petite portion de coton, qui n a point servi, on frotte tres legerement l’estampe pour en oter toute la couleur qui s’est mise sur les endroits qui doivent rester blancs. On nétoye et dégraisse, avec de l’esprit de vin, la piéce de porcelain, sur laquelle on veut avoir la contre epreuve de cette estampe dont la gravure est coloriee, et on l’essuye avec un linge blanc. Ensuite on applique cette estampe, le coté colorié en dessous, sur la porcelaine. On met par dessus un autre papier blanc, et avec un lissoir d’yvoire, on frotte un peu ferme sur le second papier; prenent bien garde de déranger l’estampe et de laisser aucun endroit sans l’avoir lissé avec le lissoir d’yvoire. Au bout d’un quart d heure, on leve l’estampe et l’on trouve la porcelain imprimée de la couleur bleuë, verte ou rouge qu’on a mise avec le Coton sur les traits roux de l’estampe. mais dans un autre sens, que l’estampe meme. On laisse sécher; prenant bien garde que rien n’y touche, car on emporteroit le Couleur, et le dessein seroit gaté. Ensuite on cuit ou sous la moufle, ou au four de peinture, Comme on cuit les autres peintures faites au pinceau. On voit que par ce moyen on peut multiplier sur la porcelaine tous les desseins qu’on aura fait graver sur des planches de Cuivre, puisqu’une planche neuve peut donner jusqu’à 1500 estampes; et jusqu’à 7 à 800 en la retouchant.

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